Festigraff: la rue parle

Du 13 au 25 avril 2011 la culture urbaine en Afrique s’est  donné  rendez-vous à Dakar.  Evénement pionnier au Sénégal, la deuxième édition du Festigraff a démarré cette année avec la participation d’une trentaine d’artistes venus de partout dans le monde.  Axé sur le graffiti comme mode d’expression urbaine, le festival a permis au sénégalais de mieux connaître ce jeune mouvement : des performances en live, d’expositions au Manège, Douta Seck et Blaise Senghor,  ainsi que des concerts, des projections et un défilé de mode hip-hop,  ont confirmé l’importance de Dakar parmi les hauts lieux de l’art urbain en Afrique.

 

Le Festival

Festigraff est sans doute une initiative innovatrice dans l’agenda culturelle  sénégalaise. Si l’on  fait un peu de mémoire, on se rend compte qu’il y a seulement une dizaine d’années que le graffiti fait partie du paysage urbain dakarois. En effet, au cours des dernières années les murs de la capitale – des échangeurs de grandes routes, le quartier de l’Ecole Normale Supérieure et la zone du ‘Central Park ‘-  sont devenus une nouvelle toile pour les artistes du mouvement hip-hop.

Perçu souvent comme un acte de vandalisme, le graffiti au Sénégal commence à nous jours à trouver sa juste place non seulement dans le milieu artistique mais aussi  dans l’imaginaire collectif. « La population commence à accepter la chose petit à petit. Cela expliquait leur situation de tous les jours. Quand il y a des agressions on en parle ; quand la vie est devenue chère, on en parle ; quand il y a de la corruption, on en parle ainsi de suite… » explique-t-il Docta, le principal organisateur du Festigraff.

Sous le thème  « Xam xam moye alla » (la plus grande richesse c’est la connaissance) le Festival a pour but la diffusion, la sensibilisation et l’intégration du graffiti  dans le milieu artistique et social du pays.   Ayant un impact immédiat sur le paysage urbain, le graffiti donne aux jeunes un moyen d’expression qui interpelle tous les citoyens qui transitent  l’espace publique. C’est ainsi que, pour arriver à son but, le Festival aspire à montrer aux populations comment le graffiti nous parle et nous pose des questions dans notre vie quotidienne. « On a développé un thème sur le sida, explique le graffeur Mao Five, participant au Festival, Moi, j’ai écrit ‘stop sida’ puis j’ai mis des conseils en bas : abstinence, et tout, et tout : ce qu’il faut pour ne pas attraper le sida. C’est ce genre de truc que je développe chaque fois. J’essaye de développer quelque chose de positif pour la société en quelque sorte».

Organisation

DOXANDEM SQUAD est une structure culturelle qui a vu le jour à  Dakar en 1994.  Fondé par DOCTA, artiste pionnier du mouvement au Sénégal, la structure a pour objectif la promotion de la culture urbaine, notamment le graffiti et le hip-hop.

Ce collectif est composé de graffeurs, de slameurs et de stylistes dont :  Grafixx,  Mow, SaïSaï, Zénix, Onze Dee, Elzo, Docta, Omar krak, et Khalil. Le groupe compte aussi avec la participation de plusieurs artistes étrangers venus des Etats-Unis de la France.

 

 

Programme

Performance de graffeurs en live, mardi 13 et mercredi 14 avril

Exposition du 15 au 20 avril, Le Manège

Défilé de streat-wear sénégalais : Docta Wear, Galsen Shop et slam live pour la clôture de l’exposition le mardi 20 avril, 19h

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Tlf : 77 356 83 00 / doxandemsquad@gmail.com

www.doctamusic.comwww.doctawears.com

 

En plus: le graffiti en Espagne

Vous êtes curieux du graffiti en Espagne ? Voici deux artistes espagnols emblématiques :

Suso33 : http://www.suso33.com/

Sixeart: http://www.sixeart.net/sixeart/home.html

Vous avez aussi la possibilité d’explorer une base de donées complète sur le graffiti en Espagne : http://streetfiles.org/photos/country:ES/