Arturo Bibang

À l´occasion de la célébration du centenaire de la Journée Internationale de la Femme, ONU FEMMES et l´Ambassade d’Espagne à Dakar ont voulu rendre hommage à toutes les femmes avec une exposition du photographe écuato-guinéen Arturo Bibang.

ENTRETIEN À ARTURO BIBANG.

EXPOSITION PHOTO MUJERES

DAKAR, MARS 2011

D’où  vient l’idée de ce projet ?

Le projet est né à partir d’une proposition du CCEM (Centre Culturel de l’Espagne à Malabo)

On pourrait se demander quelle est la place d’un homme dans une exposition collective de femmes dont le vernissage se fait pendant la Journée Internationale de la Femme. Qu’est-ce que tu aurais à dire à ce propos ?

Et pourquoi pas ? La Journée Internationale de la Femme devrait être une célébration globale de l’importance de femmes dans nos cultures. C’est quelque chose qui devrait nous rassembler tous : hommes et femmes.

Tes photographies voyagent au Sénégal suite à la inauguration en Guinée Equatoriale et elles seront affichées à côté d’une exposition collective d’artistes sénégalaises. Qu’est-ce que tu en penses ?

Je suis flatté de partager l’espace avec des artistes sénégalaises. Je considère ça comme quelque chose d’extrêmement enrichissant.

Des femmes avec un prénom, un nom de famille, un métier…on dirait que toi ou elles, vous avez quelque chose à nous expliquer…

Il n’y a qu’à les regarder fort dans les yeux pour se rendre compte de tout ce qu’elles ont à dire. Dans ce cas, moi je ne suis que le moyen par lequel elles s’expriment.

« Liberté, igname, famille, maternité, égalité, justice, terre… » Qu’est-ce qu´ils représentent?

Ce sont des piliers fondamentaux de notre société, qu’on considère souvent comme allant de soi sans penser au sacrifice qu’ils impliquent ou bien la distance qui nous reste pour les atteindre.

Comment ont réagi les femmes au moment de leur proposer, non seulement de les photographier, mais aussi de montrer leurs portraits en grand format dans une exposition ? Quel fut le processus de travail avec elles ? pourquoi elles précisemment ?

Suite au premier contact, où elles avaient les craintes et la distance normales vis-à-vis de ce qu’on ne connaît pas, je crois qu’elles sont restées très contentes avec le résultat. Les photos ont été prises au cours d’environ deux semaines, et même si certains aspects avaient été conçus au préalable (concept, lumière, fonds, encadrement, etc.) il y eut pas mal d’improvisation dans chaque session.

Crois-tu qu’une femme sénégalaise, espagnole ou américaine peut s’identifier avec chacune de ces femmes ?

J’aimerais que ce soit ainsi. Ces femmes,  représentent non seulement un pays en particulier, mais surtout des illusions, des projets de vie et des valeurs, et je crois que cela peut être partagé par n’importe quelle femme dans le monde.

Tu t’adresses à quel public avec cette exposition?

À mon avis, étant donné le sujet de l’exposition, ça s’adresse à tout type de public.

Que représent ce projet dans tan carrière de photographe ?

Je conçois chaque projet comme un défi. Chacun est spécial, mais il se peut que celui-ci ait une charge émotionnelle extra, étant donné que les photos ont été prises dans mon pays avec des femmes de mon pays.

Quelle a été la réception de l’exposition dans ton pays d’origine, la Guinée Equatoriale ?

La réception fut fantastique, avec une grande affluence du public aussi bien à Malabo qu’à Bata.

Quel est le parcours que tu attends pour cette exposition?

À vrai dire, je ne pense même pas à ce genre de choses, mais j’imagine que le mieux serait qu´elle s´étende dans plus de pays .

Arturo Bibang est né à Bata, Guinée Equatoriale en 1971. Sa formation comme photographe a commencé à Madrid, où il a habité pendant la plupart de sa vie. Il a fini ses études à Londres. Ses recherches artistiques sont le résultat des lumières, couleurs et visages qu’il a croisés au cours de ses multiples voyages. Ses images sont la conséquence des éxperiences qu´il n´a pas pu éviter de photographier.