Jerry González au Festival de Jazz de Saint Louis

Dimanche 23 mai / 22h15

Festival de Jazz de Saint Louis

Le fondateur du Fort Apache Band est un des musiciens les plus progressifs du latin jazz, qu’il a imprimé de sa touche très personnelle.

Né à New York, le porto-ricain s’installe à Madrid où il s’intègre totalement dans le milieu des gitans flamenco. Ces rencontres donneront une fusion réussie, empreinte de beaucoup de virtuosité et de sincérité où flamenco et rythmes afro-cubains se mêlent au jazz avec bonheur.
Jerry Gonzalez joue également avec son nouveau quartet de latin jazz : Jerry Gonzalez : trompette et congas, “Caramelo” Javier Gutierrez Masso : piano, Alain Perez : basse, “Kike” Enrique Ferrer : batterie.

Nouvel album printemps 2010
Booking Europe (sauf Espagne)


Percussionniste, trompettiste, compositeur.

Jazzman à la vocation de rumbero -ou vice-versa-, Jerry González est l’un des musiciens les plus progressifs du jazz latin. Tout petit, il écoutait Cal Tjader. Étudie la trompette au début du secondaire. Imite Mongo Santamaría et pratique les tambours dans des parcs et sur des terrasses. Le producteur René López l’initie à la musique cubaine. Durant ses années universitaires, intègre un quintette de jazz latino avec son frère Andy et avec le trompettiste Kenny Dorham. Connaît le batteur Rashied Ali, son premier guide en avant-garde. À partir de 1969, enregistre avec d’importants jazzmen, tels George Benson, Dizzy Gillespie, Houston Person. Collabore avec l’orchestre Jazz Composers de Clifford Thornton. À partir de 1974, participe à d’importantes sessions latines avec les frères Palmieri, Bobby Paunetto et le Grupo Folklórico Experimental Nuevayorkino. Est membre fondateur du Conjunto Libre mené par son frère Andy et le timbalero Manny Oquendo. En 1979, Kip Hanrahan lui fournit l’occasion d’enregistrer en solitaire. Ya yo me curé témoigne de ses appétits en matière de rythmique afro-cubaine et de jazz. Sa version de Caravan figure parmi les meilleures et inclut de splendides interventions de Steve Turre, Hilton Ruiz et Mario Rivera. C’est de cet enregistrement qu’est issu la Fort Apache Band, entité au travers de laquelle voient le jour les thèmes chers à González.

Le groupe a pris pour nom celui du problématique quartier hispano de New York où Jerry a grandi et d’où est issue cette musique -à la fois désinvolte, intense, et sensuelle- qui relie de manière imprévisible deux cultures distinctes. Engagés à la recherche de nouvelles modalités, les Apache se situent de plain pied à l’avant-garde du jazz latino. Dans son premier album, The River Is Deep (1982), Parisian Throroughfare, de Bud Powell, acquiert une telle densité qu’elle en sonne comme si elle nous parvenait d’une troisième dimension. C’est néanmoins la musique folklorique qui caractérise la première formation de l’ensemble. De ses douze membres originaux, la moitié sont percussionnistes. Le premier changement survient après la mort du vocaliste/conguero Frankie Rodríguez et du pianiste Jorge Dalto. Ils sont remplacés respectivement par Milton Cardona et Larry Willis. L’équipe se retrouve à dix lorsque Steve Turre commence à faire cavalier seul et que s’en va Gene Golden. Or cela fait encore trop de musiciens pour une bande iconoclaste et ignorant les concessions. Pour son chef-d’œuvre Rumba para Monk, González réduit l’ensemble à un quintette sans faillir à ses principes. Il y a désormais davantage d’équilibre entre les racines et le jazz.

Fort Apache acquiert ce qui semble être son format définitif quand le saxo alto Joe Ford fait un remplacement de Carter Jefferson: González est si satisfait qu’il décide d’ajouter une voix. La mort de Jefferson en 1993 entraîne l’intégration de John Stubblefield, l’un des dix Apaches de 1988. Toutefois, les pressions économiques se poursuivant, Stubblefield ne sera plus Apache au début du millénaire. González sait maintenant que cinq suffisent à défendre son territoire. Aujourd’hui, le quintette (Willis, Ford, Steve Berrios, Andy et Jerry González) partage thèmes et arrangements. Les écouter en pleine inspiration, c’est se retrouver au beau milieu d’une réunion -détendue et amène- de vieux maîtres. Si Rumba para Monk suppose que le légendaire pianiste descend d’ancêtres afro-cubains, Moliendo café est le disque Apache le plus accessible. Le jazz et les tambours empruntent des voies parallèles dans Crossroads pour se réconcilier l’année suivante avec Pensativo. Fire Dance est le premier enregistrement en direct depuis huit ans et témoigne de la complicité régnante, alors que le groupe se trouve à son plus haut niveau musical.

Outre Monk, l’ensemble a aussi Miles Davis et ses disciples Ron Carter et Wayne Shorter pour icônes. De fait, pendant des années, González sera le fantôme de Davis à la trompette, avant qu’il ne parvienne à exorciser son mentor. Ángel “Papo” Vázquez, Nicky Marrero et Edgardo Miranda sont les Apaches survivants, décimés par le temps et l’adversité.

Jerry compte sur l’approbation de confrères et de connaisseurs, mais pour subsister, il doit se livrer à l’enseignement des percussions et continuer de prêter main-forte à ceux qui requièrent son talent. En 1981, il participe aux débuts américains de Paquito D’Rivera ; même chose pour Totico et ses rumberos. Il poursuit sa relation avec Hanrahan en qualité d’accompagnateur. En 1982, il rejoint Jorge Dalto pour On Broadway, de Tito Puente.

Enregistre pour Dalto Masterpiece, du conguero Carlos “Patato” Valdés. Collabore avec McCoy Tyner, pour la première fois, en 1982. Sera le percussionniste de sa big band dix ans plus tard. Entame encore en 1983 une longue relation avec un autre pianiste, Kirk Lightsey ; apporte sa percussion à la vocaliste Abbey Lincoln. Se replonge dans les racines avec le rumbero Virgilio Martí. On l’écoutera dans la bande-son de Crossover Dreams. Fera aussi du jazz-punk avec Jaco Pastorius. En 1987, c’est Turre qui le réclamera pour son Midnight Montuno; feront de même Ruiz et le bassiste panaméen Santi Debriano. Charles Fambrough, Kenny Kirkland ont recours à lui pour leurs premiers pas dans le jazz latino. Plus récemment, on l’entendra aux prises avec Dave Valentin, David Sánchez et l’orchestre de Chico O’Farrill. Il existe des antécédents de rumba dans le jazz, mais ce sera González qui à jamais les mariera, créant l’illusion que Thelonius Monk compose son opus en 6/8. En 1993, Bobby Hutcherson le citera, à la trompette, pour le second volume de Acoustic Masters. Sue à grosses gouttes sur scène, entouré de ses tambours et trompettes. Donne tout pour son art. Il est le dévouement et l’attachement mêmes.
En 2004 Jerry González réside en Espagne ; il s’installe à Madrid où il s’intègre totalement dans le milieu des gitans flamenco. Ces rencontres donneront une fusion réussie, empreinte de beaucoup de virtuosité et de sincérité où flamenco et rythmes afro-cubains se mêlent au jazz avec bonheur.

Plus d’infos: http://www.saintlouisjazz.com/