Les Chemins vers Dieu

Concert 15 mai, 19h

Théâtre National Daniel Sorano de Dakar. Entrée libre et gratuite.

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Au Sénégal, les religions s’entendent bien entre elles. Terre d’une tolérance qui fait la fierté de tous, musulmans et chrétiens y vivent en harmonie et la tradition animiste y trouve toujours sa place.

L’Ambassade d’Espagne a orchestré une rencontre qui symbolise cette richesse. Vous êtes conviés à un concert de musique religieuse, langage universellement compris des hommes, quelle que soit leur foi. La musique est le compagnon dans les chemins vers Dieu.

Pour porter l’élan de la foi musulmane, le groupe musical Firkhatou Djiloul Diadid de Dakar s’imprègne d’influences de tout le monde arabe, du Maroc à l’Arabie Saoudite, sans oublier ses origines africaines. Ses chants en wolof et en arabe, sont parfois des versets du Coran. Ces musiciens entendent ainsi semer la paix dans les cœurs et transmettre les valeurs qui les animent.

La chorale de l’Elite Vocale Renaissance de Dakar rassemble des musiciens et les voix de personnes de tous âges qui se réunissent pour partager le plaisir de chanter, des gospels ou des chants religieux chrétiens. Célébrer la gloire du divin, lui rendre hommage, prier et aimer, les fois sont différentes, mais de nombreuses valeurs sont communes. C’est là l’esprit de cette soirée, en même temps choisir de retrouver ce qui est commun aux religions et aux peuples, la musique par exemple. Et entendre la diversité culturelle comme la recherche et la compréhension des différences pour mieux accepter l’autre.

 

Discours de S.E. l’Ambassadeur d’Espagne, M. Jorge Toledo, lors de la présentation de Chemins vers Dieu.

Chers chefs religieux et représentants de chefs religieux, chers collègues Ambassadeurs et membres des Ambassades, cher public de toutes les confessions.

« Dans une terre de tolérance, toutes les musiques deviennent des chemins vers Dieu. » Tels sont les mots qui président ce concert. Et le Sénégal a démontré à travers les décennies être une terre de tolérance religieuse, politique et sociale.

La tolérance est le respect d’autrui, de celui qui nous avons face à nous et qui est différent à nous.

Au Sénégal vous êtes tolérants avec autrui. Les Sénégalais sont tolérants parce qu’ils ont satisfait la première condition pour être tolérant.

Quelle est cette condition, vous vous demanderez ? Et bien : il s’agit d’être tolérant avec soi-même, connaître sa propre identité, l’aimer et la respecter.

C’est dans ce point, chers amis Sénégalais, que vous avez d’enseignements à nous donner, à nous qui venons de l’Europe chargés des leçons pour les Africains, de leçons sur les budgets ou sur la gouvernance.

Pourtant, en Europe nos corps sont entourés d’une infinité de produits de consommation et notre âme est étouffée. À propos de notre identité nous somme parfois dans la confusion : «Sommes-nous chrétiens ou post-chrétiens ? Modernes ou post-modernes ?». Nous cherchons notre âme européenne et au même temps nous nions l’existence de l’âme.

Au Sénégal d’âmes il y en a, et d’esprits. Leur existence ne pose pas de problème. Quelle chance vous avez.

La musique, elle, éveille les âmes et les esprits, soit-il à la mosquée, soit-il dans l’église, ou même dans la forêt sacrée.

Les âmes et les esprits se réjouissent de par la musique, par cette musique sénégalaise. La musique d’un peuple fier d’avoir une âme, un esprit propre, d’avoir ses propres chemins qui mènent tous au même Dieu.

Permettez moi que je vous cite quelques chemins que j’ai rencontré sur ce pays.

Le chemin qui amène à Touba, le chemin de Cheikh Amadou Bamba, gardé avec fidélité par ses fils et ses petit fils.  Je salut ces d’entre eux qui sont venus ce soir. J’ai eu l’honneur d’être reçu récemment par le Khalife Générale, Serigne Bara et de recevoir sa bénédiction.

Le chemin qui amène à Tivaouane, le chemin de El-Hadj Omar Tall et des familles Sy et Niasse. Je salut les représentants de ces familles.

Le chemin qui, par la plage de Yoff, nous amène à la demeure de Seydina Issa Rohou Laye. Je salut les représentants de la famille Laye.

J’ai intention de rendre visite dans les semaines à venir aux Khalifes des Layènes, Seydina Abdoulaye Laye, et des Tidianes, Serigne Mansour Sy.

Il ne faudra pas oublier les chemins de toutes les khadriyas du Sénégal. Je salut tous les fidèles.

Et finalement, le chemin aussi de Popenguine qui mène vers Notre Dame de la Délivrance. En tant qu’Ambassadeur d’un pays à majorité catholique je suis aller voir aussi récemment le Cardinale et Archévêque de Dakar, Monsigneur Théodore Sarr. Je salut le vicaire épiscopale qui est ici avec nous.

Voyez-vous, ce ne sont pas les chemins qui manquent au Sénégal. Ce soir, chers invités, c’est la musique qui achemine nos esprits vers Dieu. Merci.